La plage aux sangliers, une crique secrète près de Cala Longa

Il y a les plages dont tout le monde connaît le nom et celles que l’on finit par baptiser soi-même. La nôtre se trouve juste au nord de Cala Longa, dans la campagne de Bonifacio. Sur les cartes, difficile de lui donner un véritable nom. Pour nous, elle sera toujours la plage aux sangliers. Nous l’avons découverte un jour d’août où le ciel était gris et l’ambiance presque automnale. Nous étions seuls sur la plage, ou presque : quelques sangliers avaient décidé de nous tenir compagnie. Depuis, le surnom est resté. Et au fil des années, cette petite crique est devenue l’un de nos endroits préférés pour sortir le masque et le tuba et observer la vie sous-marine, loin de l’agitation des plages les plus connues de l’extrême sud de la Corse.

Une petite plage cachée dans le secteur de Cala Longa

Pour comprendre le charme de cette plage, il faut d’abord oublier l’image de la grande étendue de sable blanc parfaitement lisse. Ici, le décor est plus brut. Le sable n’est pas particulièrement fin, les rochers occupent une place importante et le maquis corse descend presque jusqu’à la mer. C’est justement ce qui lui donne son caractère. Elle appartient au secteur de Cala Longa, où plusieurs petites plages et criques se succèdent le long du littoral. L’Office de tourisme de Bonifacio en recense cinq et indique qu’un sentier permet de longer la côte, avec le maquis d’un côté et la mer de l’autre. Le secteur se trouve dans la Réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, ce qui explique aussi son caractère encore très préservé.

L’accès à notre « plage aux sangliers » se fait par un petit chemin que l’on repère assez facilement en observant la côte sur Google Maps. Il faut accepter de chercher un peu et de marcher quelques minutes, ce qui suffit probablement à décourager une partie des visiteurs. Même en plein mois d’août, nous n’y avons jamais vu plus de quatre ou cinq familles installées en même temps. Au-dessus de la crique, quelques très belles résidences apparaissent dans la végétation, mais une fois au bord de l’eau, c’est surtout le silence qui domine, avec le bruit régulier de la mer sur les rochers et le vent dans le maquis.

Masque et tuba : l’un de nos coins préférés de Corse du Sud

C’est probablement sous l’eau que cette petite plage révèle le mieux son intérêt. Les rochers qui peuvent sembler moins séduisants lorsque l’on cherche uniquement du sable deviennent au contraire passionnants dès que l’on enfile un masque. Nous y revenons régulièrement pour faire du snorkeling en Corse du Sud, simplement avec palmes, masque et tuba, sans avoir besoin de s’éloigner beaucoup du rivage. La roche découpe de petites zones, des failles et des passages où l’on prend vite plaisir à regarder ce qui bouge.

Et certaines journées restent forcément plus marquantes que d’autres. Cet été 2026, nous y avons vu une murène, des raies et même un mérou, auxquels s’ajoutaient tous ces petits poissons méditerranéens que l’on finit par reconnaître à force de passer du temps dans l’eau. Voir un mérou en snorkeling, à quelques dizaines de mètres de sa serviette, reste un de ces petits moments qui donnent immédiatement envie de replonger la tête sous l’eau.

C’est aussi ce qui distingue cette crique de plages plus classiques. On ne vient pas nécessairement ici pour étendre sa serviette sur un sable parfait. On y vient pour explorer, nager entre les rochers, suivre un poisson pendant quelques mètres, ressortir de l’eau puis y retourner vingt minutes plus tard parce que quelqu’un croit avoir aperçu quelque chose. Le fait d’être dans le périmètre de la Réserve naturelle des Bouches de Bonifacio donne encore davantage de sens à cette expérience et rappelle surtout la nécessité de respecter ce milieu fragile.

Une plage qui nous rappelle pourquoi nous aimons séjourner à Sotta

L’histoire de cette plage résume assez bien notre manière de découvrir la Corse du Sud. La première fois, nous étions venus au mois d’août avec une météo plutôt maussade. Pas vraiment la journée dont on rêve pour aller à la plage. Et pourtant, c’est précisément cette météo qui nous a offert l’un de nos meilleurs souvenirs : une crique vide, une lumière grise inhabituelle sur la mer et ces fameux sangliers qui ont donné leur nom à l’endroit dans notre vocabulaire familial.

Depuis Bella Sotta, Cala Longa fait partie de ces sorties que nous aimons parce qu’elles permettent de rejoindre le littoral bonifacien sans avoir besoin de traverser Porto-Vecchio. On descend vers Bonifacio puis on rejoint la campagne et la côte est. Le contraste est assez agréable : on quitte le calme et le maquis de Sotta pour retrouver, peu de temps après, une mer complètement différente des grandes plages de Porto-Vecchio. C’est aussi tout l’intérêt de choisir une location de villa en Corse du Sud située entre Porto-Vecchio, Figari et Bonifacio : pouvoir changer de littoral et d’ambiance sans transformer chaque sortie en expédition.

Il faut néanmoins garder une petite contrainte en tête en été : le stationnement dans le secteur de Cala Longa peut être difficile. Le nombre de places disponibles le long de la route et sur les petits stationnements est limité. C’est précisément le genre d’endroit où partir assez tôt depuis Sotta change l’expérience. Une fois le petit chemin trouvé et les affaires posées, la fréquentation n’a plus rien à voir avec celle des plages les plus célèbres de l’extrême sud.

Et si l’envie est de prolonger la journée, la plage principale de Cala Longa se trouve juste à côté. Une nouvelle adresse, La Crique de Cala Longa, a remplacé l’esprit beaucoup plus simple et un peu hippie que nous avions connu autrefois sur place. L’endroit est aujourd’hui nettement plus sophistiqué. Nous ne l’avons pas encore testé, donc difficile de donner notre avis, mais cela peut être une idée à découvrir après une matinée passée masque et tuba dans les criques.

 

Y aller depuis Bella Sotta

Depuis Bella Sotta, comptez environ 36 minutes de voiture, auxquelles il faut ajouter les quelques minutes nécessaires pour se garer et rejoindre la crique à pied. En juillet et en août, nous conseillons de partir le matin pour trouver plus facilement une place et profiter d’une mer souvent plus calme pour le snorkeling. Hors saison ou en fin de journée, l’atmosphère devient encore plus paisible et la lumière sur les rochers mérite à elle seule le déplacement.

C’est une sortie que nous aimons particulièrement depuis notre villa à Sotta : suffisamment proche pour partir sans organiser toute une journée, suffisamment discrète pour avoir encore l’impression de découvrir un petit morceau de Corse du Sud à l’écart des itinéraires les plus évidents. Et si, en arrivant, vous apercevez un sanglier au bord du maquis, vous saurez désormais pourquoi, chez nous, cette plage a un nom.