Palombaggia, deux visages d'une même plage de Corse du Sud
De l'animation des restaurants les pieds dans le sable à la quiétude d'un bout de côte presque sauvage
Il est des plages dont la réputation précède l'expérience, et Palombaggia en est l'exemple parfait. On en a tous vu les photos — ce sable fin d'un blanc rosé, ces pins maritimes penchés sur l'eau, ce bleu turquoise qui semble irréel même en vrai. Ce que ces images ne montrent pas, c'est que Palombaggia n'est pas une plage mais deux, séparées par quelques centaines de mètres de sentier et par un monde d'ambiance. D'un côté, l'animation, les parasols colorés, les restaurants de plage qui font partie du tableau. De l'autre, une frange de sable plus discrète, presque confidentielle, où la Corse du Sud révèle quelque chose de plus intime. Depuis BellaSotta, on y est en vingt minutes, et on a appris depuis longtemps à fréquenter les deux selon l'humeur et l'heure de la journée.
Une plage célèbre qui mérite qu'on la comprenne avant d'y aller
La partie ouest de Palombaggia est celle que tout le monde connaît et que la plupart des visiteurs rejoignent naturellement. Le sable y est d'une finesse remarquable, les rochers de granit rose ponctuent le rivage comme des sculptures posées là par le vent, et l'eau turquoise contraste de façon saisissante avec les fonds sombres que l'on aperçoit entre les rochers. Les restaurants de plage qui bordent ce côté ont su, pour certains d'entre eux, trouver un équilibre entre qualité et cadre — déjeuner les pieds dans le sable avec une vue pareille reste une expérience à part. En revanche, la fréquentation en juillet et août est intense, c'est là une réalité qu'il vaut mieux anticiper. Les parkings se remplissent tôt, la route d'accès peut être longue aux heures de pointe, et le bruit de fond de la plage n'a plus grand chose à voir avec la quiétude du maquis corse. Ce n'est pas une raison de l'éviter — c'est une raison de bien choisir son moment, de préférence en matinée ou hors des semaines centrales de l'été, quand la lumière est encore basse sur l'eau et que le sable a gardé la fraîcheur de la nuit.
L'autre Palombaggia, et les raies qui ont tout changé
En marchant vers l'est depuis la plage principale, le long d'un sentier qui longe le trait de côte entre les pins et les rochers, on atteint en moins d'un kilomètre une portion de rivage bien différente. Les pins s'écartent, le sable se resserre, les rochers prennent plus de place, et surtout — la foule disparaît presque entièrement, même en plein mois d'août. C'est le côté sauvage de Palombaggia, moins photographié, moins fléché, mais pas moins beau. Les fonds changent ici de caractère : entre les rochers noirs immergés, les algues et les herbiers, la vie marine est bien plus présente que sur la partie aménagée. C'est là que nous avons eu notre meilleure surprise. Un après-midi de juillet, masque et tuba de sortie, à quelques mètres à peine du bord — l'eau atteignait à peine la poitrine — nous avons vu glisser sous nous trois raies pastenagues. Silencieuses, indifférentes, magnifiques. Elles longeaient le fond de sable entre deux rochers, ondulant légèrement, comme si notre présence ne méritait pas qu'on s'en préoccupe. Ce genre de moment, on ne l'oublie pas. Et on ne le raconte qu'à ceux à qui on fait confiance pour ne pas envahir l'endroit.
Y aller depuis Bella Sotta
BellaSotta se trouve à une vingtaine de minutes de Palombaggia par la route, en passant par Porto-Vecchio puis en suivant les indications vers les plages du sud. Une fois sur place, pour rejoindre la partie sauvage, il suffit de garer la voiture au parking principal et remonter la plage. Autre option comme souvent en Corse si vous mangez le midi au restaurant, garez-vous sur le parking de l'un d'eux : son coût sera déduit de votre note !