Santa Giulia, quand la plus belle baie de Corse du Sud s'offre enfin à vous

Une plage de carte postale qui révèle toute sa grâce loin de la haute saison

Il y a des endroits que l'on contourne en été et que l'on chérit le reste de l'année. Santa Giulia est de ceux-là. Depuis BellaSotta, on la connaît bien — trop bien pour s'y aventurer en plein août, quand les voitures se garent à plus d'un kilomètre et que les parasols se touchent. Mais en juin, quand le maquis corse embaume encore et que la lumière du matin est douce sur la baie, ou en septembre, quand les familles ont quitté les lieux et que la mer garde sa chaleur, Santa Giulia retrouve quelque chose de rare : le silence, l'espace, et cette couleur turquoise qui fait perdre ses mots. C'est à quinze minutes de la bergerie, et c'est la plage la plus proche. Autant dire qu'on finit toujours par y revenir.

Une baie d'exception, à apprécier au bon moment

Santa Giulia s'étire en arc de cercle au sud de Porto-Vecchio, protégée des vents du large par une langue de terre boisée qui lui donne son caractère de lagon. L'eau y est peu profonde sur une longue distance, ce qui lui vaut sa réputation auprès des familles avec enfants — mais aussi cette teinte azur presque irréelle que l'on observe rarement ailleurs en Corse du Sud. La plage est bordée d'un ponton en bois qui plonge doucement vers le large, et de rochers aux formes généreuses qui offrent des coins d'ombre naturels en fin de journée. En juillet et août, la fréquentation y est intense : les parkings saturent dès 9 heures du matin, les restaurants de plage affichent complet, et l'on peine à trouver un mètre carré de sable libre. C'est la réalité d'une des plages les plus célèbres de la Corse du Sud, et il ne sert à rien de la nier. Mais dès la mi-juin ou à partir du 1er septembre, le tableau change radicalement. Les voitures se garent à quelques mètres de l'eau, les plagistes ont encore le temps de vous sourire, et la baie retrouve cette sérénité qui en fait l'un des plus beaux endroits du littoral entre Porto-Vecchio et Figari.

Ce que l'on ressent quand Santa Giulia appartient enfin à peu de monde

Nous y étions allés un matin de septembre, après une nuit de vent qui avait balayé les nuages et laissé le ciel d'un bleu absolu. La plage était presque déserte à notre arrivée. Quelques marcheurs remontaient le long du ponton, un couple lisait assis sur les rochers, et l'eau était d'une transparence déconcertante — on voyait le sable ondulé à deux mètres de profondeur. Ce matin-là, Santa Giulia n'avait rien d'une plage de catalogue. Elle avait quelque chose de plus intime, presque de confidentiel. Le bruit des vagues courtes sur le sable, le souffle léger venu du large, la lumière rasante qui faisait briller les rochers dorés : c'est ce souvenir-là qui revient quand on pense à cette baie, pas les images des brochures. Pour les amateurs de randonnée, la colline à l'ouest de la plage mérite aussi le détour. Un sentier peu balisé mais facile y grimpe en vingt minutes environ et offre un panorama sur l'ensemble de la baie de Santa Giulia — un point de vue saisissant sur l'arc de sable blanc et le dégradé de bleus, que l'on garde longtemps en mémoire.

Y aller depuis Bella Sotta

C'est sans doute l'un des avantages les plus concrets de séjourner à BellaSotta : Santa Giulia est la plage la plus proche de la bergerie, à environ douze à quinze minutes par la D859. Le trajet est simple et fluide, sans détour par Porto-Vecchio ni bouchon à l'horizon si l'on part tôt le matin. Hors saison, les parkings situés au plus près de l'eau sont facilement accessibles dès l'arrivée, ce qui transforme complètement l'expérience — on pose la serviette, on entre dans l'eau, sans déambulation dans la chaleur. Pour la randonnée sur la colline ouest, il suffit de longer la plage vers le nord jusqu'au départ du sentier, bien visible depuis le sable. Quand on rentre en fin d'après-midi à BellaSotta, le temps de rincer les pieds sous la douche extérieure et de s'installer sur la terrasse avec un verre frais, le soleil achève sa course sur le maquis. C'est ce rythme-là, simple et juste, que l'on vient chercher en Corse du Sud.